
Le 25 Janvier a ouvert l’exposition Picasso and Paper à la Royal Academy, qui décrit la longue relation que Pablo Picasso a eu avec le papier. Au départ, la feuille sert simplement de support à l’artiste pour ses œuvres, puis, au fil du temps le papier devient lui-même l’objet central de l’art de Picasso. On pourrait associer cette évolution aux changements du monde de l’art au XXème siècle. En effet, Clement Greenberg le dit lui-même dans ses écrits théoriques : vers la fin du XIXème siècle, les artistes sont arrivés à bout de toutes les possibilités offertes par l’art figuratif traditionnel. Ils ont donc dû se tourner progressivement vers les matériaux utilisés. Greenberg décrit une nouvelle forme de progression de l’art allant de Manet à Pollock en passant par Cézanne et les Impressionnistes. Le artistes s’interessent de moins en moins au sujet qu’ils peignent afin de se concentrer plus sur les techniques qu’ils utilisent. L’apogée de cette théorie est donc, selon Greenberg, l’art de Jackson Pollock, qui ne représente rien d’autre que la peinture elle-même

L’exposition de la Royal Academy rend très bien compte de cette évolution. Le spectateur voyage d’une époque a une autre en changeant de salle. Cependant, la quantité des œuvres choisies crée un sentiment de confusion. La carrière artistique de Picasso a été extrêmement longue et prolifique. On la divise aujourd’hui en plusieurs phases de production bien définies. L’exposition, voulant montrer toutes les périodes de sa vie, en mariant des œuvres plus ou moins connues, part donc dans tous les sens. Ajoutez à ce problème, un grand manque d’informations précises. Dans chaque salle se trouvent des textes un peu bateau, que l’on retrouve dans toute exposition sur Picasso qui se respecte : une description de sa période bleue et de sa période rose, une analyse des Demoiselles d’Avignon et de leur impact sur l’histoire de l’art etc. Ainsi, le spectateur s’éloigne un peu de son objectif premier : comprendre la relation entre Picasso et le papier.

Bien que Picasso and Paper semble, suivre les traces des précédentes expositions sur l’artiste catalan, on peut noter quelques œuvres uniques et rares à ne pas manquer : les costumes réalisés pour le ballet Parade d’Erik Satie (1917), les feuilles de journaux utilisées comme supports pour ses dessins, ou encore ses premières peintures, réalisées pendant son adolescence.
Somme toute, n’allez pas voir cette exposition sans but précis, choisissez ce que vous voulez regarder. Ou bien visitez la plusieurs fois !